Destin

Je suis née, insouciante, erreur et tragédie
Dès ce jour le courroux du destin de ma vie
Léger comme les plumes des ailes de l'enfer
D'est déposé sur moi, me voilà prisonnière
Prisonnière du temps, de la vie qui continue
Et je sens son couteau le long de mon cou nu
Pour vivre à fleur de peau je suis donc disposée
Chaque jour je reçois pour unique baiser
Celui de la douleur, celui de l'amertume
Tu as fait naître en moi ce feu qui me consume
Mon cœur pris dans ses flammes n'a plus de répit
Mon cœur est mort, mais quand vais-je mourir aussi?
Faut-il encore que mes yeux emplis de sang
Pleurent leurs larmes rouges? Que mon esprit hurlant
T'implore une nouvelle fois d'enfin partir?
Faut-il que je te donne mes tout derniers sourires
Ceux nés une seconde pour mourir ensuite
Dans ma bouche sèche, dans ma joie si petite
Si petite… faut-il que je la condamne alors?
Ainsi, mourrez rires! Et dans votre triste sort
Entraînez avec vous ce qu'il restait de beau
Ce qu'il restait de bien, mes qualités mes défauts
Ma musique et mon cœur, et mon corps et mon âme
Prenez tout, et pitié, enfoncez votre lame
Au plus profond du cou qui s'est offert à vous
A vous, douleurs et peines, j'abandonne tout
Mais pitié, destinée, contre les cendres chaudes
Des derniers sens de ma vie, que ton courroux rôde
Plus près de moi encore. Donne-moi le courage
De mettre fin aux jours de ma vie dans ta cage

Noirceur CÚleste - Ăsthetic WebDesign - 06-01-2001
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